Un israélien à la tête d’un Comité de l’ONU des droits de l’Homme

Un israélien à la tête d’un Comité de l’ONU des droits de l’Homme

Truth ONG- Un professeur de droit israélien a été choisi pour diriger le Comité des droits de l’Homme des Nations unies, un panel d’experts chargé d’examiner l’adhésion des Etats membres à la Charte des droits. Yuval Shany, vice-président de l’Institut de la démocratie d’Israël et membre de la faculté de droit de l’université hébraïque, a été choisi à l’unanimité, par les 18 membres de ce comité basé à Genève.

Selon son site internet, le Comité des droits de l’Homme des Nations unies « contrôle la mise en œuvre du pacte international relatif aux droits civils et politiques par les Etats membres ». Même si des Israéliens ont été membres de la commission dans le passé, c’est la première fois qu’un ressortissant de l’Etat juif est choisi pour diriger l’instance. S’exprimant mardi au micro de la radio militaire israélienne, Yuval Shany, membre du Comité depuis 2013, a précisé que ce forum était souvent confondu avec le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU.

Shany, spécialiste en droit humanitaire et des droits de l’Homme, a néanmoins reconnu que sa sélection avait impliqué certaines « discussions en coulisses, un peu de lobbying… Rien de très spectaculaire ou intéressant néanmoins ». « La politique mondiale tient un rôle moindre » au sein de la commission professionnelle, a-t-il expliqué. « Les gens sont sélectionnés – ce qui est très surprenant dans cet environnement – pour leurs aptitudes au poste. » Le précédent président a quitté ses fonctions il y a un mois, nommé juge à la Cour pénale internationale de La Haye.

Dans une déclaration à la suite de sa nomination, Shany a déclaré que « nous vivons dans un climat international qui ne soutient plus les droits de l’homme. En tant que président du comité, j’espère exploiter son influence positive et apolitique pour garantir les droits de l’homme à tous les citoyens du monde », selon Haaretz.

Cette nomination suscitera de vives inquiétudes à la suite du bilan désastreux d’Israël en matière de droits de l’homme et du déni systématique des droits de l’homme des Palestiniens. Selon l’organisation israélienne de défense des droits de l’homme B’Tselem, Israël utilise la détention administrative des Palestiniens, dans laquelle une personne qui n’a pas commis d’infraction est détenue sans procès ni procédure judiciaire, comme une « alternative rapide et facile au procès pénal ». Les statistiques de B’Tselem montrent qu’ « à la fin mai 2018, 440 Palestiniens – dont deux femmes et trois mineurs – étaient détenus en détention administrative dans les locaux de l’Administration pénitentiaire israélienne (IPS) ».

Le mépris d’Israël pour les droits de l’homme a également été mis en évidence lors de la Grande Marche du retour, qui a commencé le 30 mars. Depuis le début des manifestations, 135 Palestiniens sont morts après avoir été frappés par des tirs israéliens, et 15 000 autres blessés. Israël a également été critiqué pour avoir pris pour cible des journalistes, des photographes et des ambulanciers paramédicaux dans le but de réduire au silence les reportages et les images de ses violations des droits de l’homme.

En outre, Israël a adopté en juin une loi érigeant en infraction le fait de filmer des soldats israéliens en service, rendant le fait de filmer « avec l’intention de nuire au moral des soldats d’Israël ou de ses habitants » passible d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison. La loi limitera le travail des groupes de défense des droits de l’homme qui documentent les violations des droits de l’homme commises par les soldats israéliens en Cisjordanie occupée.

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