Scandale sexuel: Oxfam accusée d’avoir engagé des prostituées à Haïti

Scandale sexuel Oxfam accusée d’avoir engagé des prostituées à Haïti (2)

.Truth NGO- La branche belge d’Oxfam-Solidarité vient de publier un communiqué à la suite des révélations concernant l’action en Haïti et l’usage d’argent de l’ONG pour engager des prostituées.

Des employés de l’organisation humanitaire Oxfam auraient eu recours à des prostituées, avec l’argent de l’ONG, pendant une mission à Haïti en 2010, rapporte ce vendredi le journal britannique The Times, alors qu’Oxfam nie avoir tenté d’étouffer l’affaire.

L’enquête concerne la branche britannique de l’organisation en 2011. À l’époque, la justice haïtienne n’ayant pas été informée de l’affaire, aucune action en justice n’a été engagée. Le Belge Roland van Hauwermeiren, responsable d’Oxfam à Haïti, avait démissionné sans subir de sanctions disciplinaires.

Les accusations d’orgies avec des prostituées payées avec l’argent d’Oxfam, à la suite du tremblement de terre de 2010 en Haïti, concernent des employés de la branche britannique de l’organisation, assure vendredi Oxfam-Solidarité dans un communiqué, selon Le soir.

Dans un communiqué publié par la branche belge de l’ONG, Oxfam-Solidarité rappelle que c’est la branche britannique qui était visée par l’enquête, selon Lavenir.
«Dès qu’Oxfam a été informée d’une série d’allégations […], nous avons lancé une enquête interne. Comme les personnes concernées étaient des employés de la branche britannique d’Oxfam, l’enquête a été menée par Oxfam UK, qui a également rendu publique cette enquête dans des communiqués de presse», explique l’ONG.

Elle renvoie ensuite au rapport d’enquête qui a été établi en septembre 2011. «Un certain nombre d’allégations ont été confirmées. Plusieurs employés ont par conséquent été licenciés et d’autres ont choisi de quitter Oxfam.»
De jeunes prostituées auraient été engagées par des responsables d’Oxfam à Haïti pendant une mission humanitaire, après le séisme de 2010 qui a fait près de 300 000 morts, dévoile le quotidien londonien.

Les travailleuses du sexe auraient participé à des orgies dans des logements et des hôtels payés par l’ONG, selon une source qui prétend avoir visionné des images d’une de ces soirées, où les prostituées portaient des t-shirts d’Oxfam.

«Le directeur local a endossé toute la responsabilité pour les évènements qui se sont déroulés sous sa conduite, et il avait été autorisé à démissionner car il avait soutenu et coopéré à l’enquête sans réserve», a précisé la porte-parole de l’ONG.

Oxfam, une confédération d’organisations humanitaires dont le siège se situe à Oxford (Royaume-Uni), a nié être derrière une «tentative de dissimulation» des faits afin de préserver sa réputation, selon Tvanouvelles.

«Oxfam prend toute accusation de comportement déplacé très au sérieux», a déclaré sa porte-parole à l’AFP.

Des cadres de l’organisation humanitaire Oxfam ont eu recours à des prostituées, payées avec l’argent de l’ONG, pendant une mission à Haïti en 2010, après le terrible séisme qui a fait près de 300 000 morts. Des faits d’autant plus graves qu’il n’est pas exclu que certaines prostituées aient été mineures, selon Leparisien.

L’ONG aurait mené une enquête interne en 2011, mettant au jour « une culture d’impunité » parmi les employés. Ce rapport concluait également que des mineurs avaient pu avoir été « sexuellement exploités par les travailleurs humanitaires ».

« Cette proposition a été approuvée par [la directrice générale d’Oxfam] Barbara Stocking […] en raison des retombées potentiellement graves pour le programme et ses partenaires affiliés et pour la suite de l’enquête, s’il devait être démis de ses fonctions », lit-on dans un rapport confidentiel rédigé pour le compte d’Oxfam en 2011, dans lequel le directeur local d’Oxfam en Haïti, Roland van Hauwermeiren, a admis avoir reçu des prostituées dans la villa qui avait été louée pour lui, révèle Medias-presse.info.

Le quotidien britannique souligne qu’Oxfam, la cinquième plus grande association britannique, reçoit 300 millions de livres [environ 338 millions d’euros] par an de fonds gouvernementaux britanniques et de donations publiques. Il rappelle également que : “La prostitution est illégale à Haïti et l’âge du consentement est de 18 ans. Le sexe tarifé contrevient au code de conduite d’Oxfam et viole la déclaration des Nations unies sur le comportement des travailleurs humanitaires ratifiée par l’association.”, d’après Setal.

Le ministère britannique du Dévelopement international a vivement critiqué l’organisme pour son manque de transparence, s’interrogeant sur les détails que Oxfam avait omis en rapportant les allégations pour la première fois.

L’agence gouvernementale, qui a versé 31,7 millions de livres (environ 55 millions de dollars canadiens) à Oxfam l’an dernier, a demandé aux dirigeants de l’organisme de venir la rencontrer afin de lui fournir des explications.

The Times of London avait révélé que les allégations d’inconduite contre sept anciens employés d’Oxfam à Haïti comprenaient le recours à des prostituées, dont certaines possiblement mineures, et le téléchargement de pornographie. Le journal avait précisé que l’enquête de l’organisme avait été minée par sa détermination à garder cette affaire secrète, selon Ici.radio-canada.

Le gouvernement britannique est choqué :
“C’est une trahison totale, et pour le personnel de Oxfam qui est sur place pour aider, et pour ceux qui les envoient là-bas pour travailler, commente la ministre du Développement international, Penny Mordaunt. C’est un scandale.”
“Une organisation se doit d’avoir le sens moral pour faire ce qui est juste. Lorsqu’elle a la preuve d’activités criminelles, elle doit transmettre les informations aux autorités judiciaires compétentes. Ne pas le faire est une absence de bonne conduite”, a ajouté Penny Mordaunt.

Selon Le Monde, la secrétaire d’Etat du développement international, Penny Mordaunt, a annoncé qu’elle s’entretiendrait, lundi 12 février, avec des responsables de l’ONG. « Je leur donne l’occasion de me dire en personne ce qu’ils ont fait après ces événements et je vais voir s’ils démontrent les qualités morales dont je pense qu’ils ont besoin », a déclaré, la veille, Mme Mordaunt, interrogée par la BBC. « S’ils ne transmettent pas toutes les informations, je ne travaillerai plus avec eux », a-t-elle prévenu.

“Nous aurions dû communiquer plus, s’excuse Mark Goldring, directeur général de Oxfam, mais à cette époque Oxfam n’en avait pas l’habitude. Nous avons exprimé notre inquiétude que l’argent public ait été mal utilisé, la confiance des gens abusée. Nous avons enquêté : il n’y a pas d’argent mal utilisé, mais des gens qui se sont mal comportés, c’est inacceptable et nous prendrons des mesures.”, selon Frnews.yahoo.

“Il est clair que c’est une affaire de dissimulation: le fait que ces gens aient été autorisés à quitter le pays sans aucune punition, sans même en informer les autorités haïtiennes concernées, c’était une dissimulation”, indique Bocchit Edmond, ambassadeur d’Haïti en Grande-Bretagne.
Les accusations contre l’ex-directeur belge se multiplient. Selon la version dominicale du Guardian, il serait aussi à l’origine de soirées sexuelles au Tchad, il y a 10 ans.
Le secrétaire d’Oxfam-Solidarité Belgique se dit une fois de plus choqué par ces révélations, et précise qu’un système d’alerte existe pour dénoncer ces comportements.
Selon les médias britanniques, plus de 120 employés des plus grandes ONG ont été accusés d’abus sexuels l’année dernière.
La menace émane du gouvernement britannique: les organisations humanitaires doivent tout faire pour éliminer les cas d’abus sexuels ou leurs financements seront coupés, selon Rtl.

L’ONG ne confirme toutefois pas encore les événements qui se sont produits au Tchad. “Nous sommes profondément choqués et consternés par les dernières révélations du Tchad. Bien que nous ne puissions pas corroborer l’information pour le moment, cela met à nouveau en évidence le comportement inacceptable d’un petit nombre de personnes et la nécessité d’adopter une approche sectorielle pour s’attaquer au problème. Nous voulons aussi engager des discussions au sein du secteur humanitaire et de la coopération internationale au sens large pour mettre en place des mécanismes efficaces d’échanges d’informations au sujet de membres du personnel ayant été impliqués dans des affaires de ce type”, a souligné Stefaan Declercq, secrétaire général d’Oxfam-Solidarité, selon Lalibre.

Après Haïti, des mesures ont été prises, précise l’ONG: “mise en place d’un comité de protection avec des personnes de confiance, d’un numéro d’appel pour dénoncer ce type d’abus et programmes de sensibilisation en interne tant sur la prévention que sur la manière de traiter les plaintes. (…) L’accompagnement des victimes est aussi au centre de ces nouvelles mesures.”

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