Pour une fois, les pays africains sont unis contre Donald Trump

Pour une fois, les pays africains sont unis contre Donald Trump

. Truth NGO – Une nouvelle fois, Donald Trump a choqué au-delà de ses frontières. Le président américain aurait traité de «pays de merde» Haïti et les États d’Afrique, jeudi 11 janvier. «Racistes», «abjects» et «blessants», les propos de Donald Trump sur l’immigration en provenance de «pays de merde» ont provoqué un torrent d’indignation à travers le monde et notamment en Afrique, où le continent entier a réclamé des excuses. Les ambassadeurs du groupe africain aux Nations unies (ONU) ont exigé, vendredi 12 janvier, dans un communiqué au langage très fort, des « rétractations » et des « excuses » à Donald Trump.

Les ambassadeurs des pays africains à l’Onu ont condamné les propos «racistes» du Président américain sur l’immigration en provenance des «trous à rats» et ont demandé des excuses.
La qualification par le Président Trump d’Haïti, du Salvador et de toute l’Afrique comme étant des «trous à rats» dont les habitants ne sont pas souhaitables pour l’immigration américaine a choqué le monde politique et a provoqué une condamnation virulente. D’une même voix, dans un langage d’une rare dureté, les 54 ambassadeurs du groupe africain à l’ONU ont exigé une «rétractation» au président américain, condamnant des «remarques scandaleuses, racistes et xénophobes».

Selon la déclaration du groupe africain, le groupe des ambassadeurs «est extrêmement choqué et condamne sévèrement les propos scandaleux, racistes et xénophobes attribués au Président américain tels que rapportés par les médias», a déclaré au micro de RFI la représentante du Ghana. Les ambassadeurs ont exigé ainsi des excuses à Donald Trump, se déclarant «préoccupés par la tendance continue et grandissante de l’administration américaine vis-à-vis de l’Afrique et des personnes d’origine africaine et consistant à dénigrer le continent, et les gens de couleur. »

« Pour une fois, on est unis », a souligné un ambassadeur à l’Agence France-Presse (AFP), sous couvert d’anonymat en se déclarant « solidaire du peuple haïtien et des autres qui ont également été dénigrés » et il a remercié « les Américains de toutes origines qui ont condamné ces remarques ».

Après les propos de Donald Trump les réactions se multiplient au plus haut niveau. En Afrique, les uns après les autres, les gouvernements dénoncent à leur manière des mots outrageants.

  • Le Sénégal et le Bostwana ont même convoqué chacun l’ambassadeur américain. Le gouvernement haïtien a lui dénoncé des propos «odieux et abjects».
  • Au Sénégal le président Macky Sall en personne a réagi sur Twitter. Il se dit choqué et condamne vigoureusement les propos de Donald Trump : « L’Afrique et la race noire méritent le respect et la considération de tous… », écrit-il, un désaveu que le Sénégal a signifié à l’ambassadeur américain à Dakar également.
  • Le Botswana a aussi convoqué l’ambassadeur américain pour protester contre des propos « irresponsables », « et répréhensibles ». Gaborone va plus loin et demande à Washington de clarifier sa position et de dire si le Botswana est perçu comme un « pays de merde ».
  • En Afrique du sud, c’est l’ANC, le parti au pouvoir qui s’est prononcé en qualifiant les propos du patron de la Maison Blanche « d’offensants ».
  • Au Soudan du Sud, le gouvernement parle de « déclaration scandaleuse » alors que l’Union africaine déplore des remarques « blessantes et dérangeantes ».
  • Quant au Togo, pays africain à avoir soutenu la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme capitale, c’est l’opposition qui s’insurge. Sur Twitter, elle se saisit de la formule choc de Donald Trump pour dénoncer la mauvaise gestion du président Faure Gnassingbé.
  • L’ancien ministre français de la Culture Jack Lang n’a pas non plus mâché ses mots samedi en qualifiant quant à lui le président américain de « président de merde » sur son compte Twitter. « C’est un cri du cœur, un cri de révolte après ce qu’il a dit sur les Haïtiens », s’est justifié M. Lang.
  • « J’ai envie qu’on dise dans le monde entier : “président de merde”, comme un cri de ralliement contre ce personnage humiliant et offensant », a insisté le président de l’Institut du monde arabe (Ima) en France.
  • Cuba a également fustigé vendredi les propos « racistes, dénigrants et grossiers ». « Ces déclarations pleines de haine et de mépris suscitent l’indignation du peuple cubain », a déclaré lors d’un journal télévisé le ministère des affaires étrangères cubain, Bruno Rodriguez, rappelant notamment l’importance du rôle joué par les Africains et les Haïtiens dans l’histoire de Cuba.
  • Le président vénézuélien, Nicola Maduro, a, de son côté, demandé vendredi à l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA) d’exprimer sa solidarité aux pays « agressés » par le président états-unien. « Dans un premier temps vient le mot de mépris, puis les menaces et ensuite les actes », a déclaré M. Maduro, lors d’un conseil politique de l’ALBA à Caracas.

 

En outre, la compagnie californienne a fait le buzz en se moquant ouvertement du président américain et de ses déclarations sur les “pays de merde”. Mardi 30 janvier, juste avant le discours sur l’état de l’Union de Trump face au Congrès au complet, Airbnb a diffusé sur plusieurs chaînes américaines une audacieuse publicité. Le clip de trente secondes vantait les mérites du Salvador, d’Haïti et de plusieurs pays d’Afrique, tous taxés de “pays de merde” par Donald Trump, selon Sud Ouest.

Brian Chesky, le patron de la compagnie de réservations, avait exprimé publiquement son opposition au président américain sur ce sujet : “C’est une politique que je désapprouve profondément et qui constitue un obstacle à notre mission chez Airbnb”, avait-il assuré.

Certains expert estiment que les pays africains avaient jusqu’ici réagi plutôt faiblement aux propos xénophobes et racistes du Président américain, mais que tout avait changé maintenant. «Tant au cours de sa campagne électorale que pendant la première année de sa présidence, Donald Trump n’a pas caché ses vues racistes. Par ailleurs, de tels propos extrémistes détournent l’attention de l’opinion publique des revers et des échecs essuyés par le Président et son administration, ainsi que de la politique américaine dans le monde.»

«Les pays africains ont suffisamment de possibilités pour faire pression sur la communauté internationale et l’administration américaine. » Les pays africains pourraient entre autres boycotter les produits américains par exemple pour 3 à 6 mois.

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