Migrants à Bruxelles: «on nous traque comme des criminels»

Migrants à Bruxelles: «on nous traque comme des criminels»

Ils sont quelques centaines à errer dans le parc Maximilien, dans le nord de la capitale belge, dans l’espoir de finir par trouver un moyen de passer au Royaume-Uni dans un camion.

L’attente, la faim et les problèmes d’hygiène ne sont atténués que grâce à quelque bénévoles.
Tafkieh n’en peut plus. Il n’a pas fermé l’œil depuis deux jours. «On nous chasse de la gare, on essaye de dormir dans le parc et à 5 heures du matin, la police vient pour nous arrêter. On ne sait plus où aller.» Le jeune homme est érythréen. Cela fait deux semaines qu’il dort sur un bout de carton dans le parc Maximilien, dans le nord de Bruxelles. A l’instar des 600 à 700 migrants de la Corne de l’Afrique qui errent aux alentours du parc, Tafkieh rêve de rejoindre le Royaume-Uni. Le parc Maximilien est à deux pas des gares routière et ferroviaire du nord de Bruxelles. Il est entouré de grandes tours de bureaux, sièges d’entreprises et d’administrations. L’une d’elle, qui surplombe le parc, abrite l’Office des étrangers, chargé de l’enregistrement des demandes d’asile et des expulsions. Mais ces migrants n’y mettront pas les pieds pour demander l’asile. Beaucoup seraient reconduits vers l’Italie, où leurs empreintes digitales trahissent leur passage.
Alors les exilés restent là, oscillant entre le parc et la gare, dans l’attente du passeur qui leur fera gagner une aire d’autoroute et grimper dans un camion. Ils tuent le temps sur le terrain de foot synthétique ou discutent sur des bancs ou des jeux pour enfants. Seuls des hommes, parfois mineurs, restent toute la nuit et déploient leurs sacs de couchage, le soir venu, à la gare, dans le parc, sous un arbre ou à l’abri d’une plateforme de béton.
«Si quelqu’un sort une tente, la police l’arrache tout de suite»
La seule aide qu’ils reçoivent est celle de collectifs de bénévoles qui distribuent de la nourriture ou des sacs de couchage. Jeudi soir, la petite Seat noire d’un groupe de citoyens a débarqué à l’improviste pour une distribution de sandwiches. Deux cents personnes ont jailli instantanément. Aux files bien ordonnées ont succédé de belles bousculades et des débuts de bagarre. «On en est là, à se battre pour des petits sandwiches. Mais il ne faut pas juger, on a faim», témoigne un jeune Libyen.
Les autorités fédérales ou locales n’apportent pas d’assistance. Seule l’installation de trois sanitaires a été acceptée. Pour le reste, c’est la débrouille. La fontaine à eau permet une hygiène rudimentaire. On s’y lave les cheveux, les dents, les pieds. On y nettoie du linge que les migrants étendent sur les grillages du parc.

Source: Libération

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