Malgré la guerre au Yémen, la France a livré plus de 1,3 milliard d’euros d’armements à l’Arabie saoudite en 2017

Truth ONG- Des ONG accusent le gouvernement français qui réalise plus de la moitié des ventes d’armes vers les pays du Moyen-Orient, d’attiser les conflits dans la région et d’augmenter les ventes d’armes.

Amnesty International et deux autres ONG ont dénoncé mercredi la poursuite des ventes d’armement français à destination de l’Arabie saoudite et des Émirats Arabes Unis, accusés de violer le droit humanitaire au Yémen, après la publication du rapport sur les exportations de matériel militaire en 2017.

La ministère des Armées a rendu public, mercredi 4 juillet, son rapport au Parlement sur les exportations d’armements de la France durant l’année 2017.

Selon un rapport sur les exportations de matériel militaire dévoilé lundi, le Proche et Moyen-Orient ont représenté l’an dernier quelque 60 % des commandes de systèmes d’armement français. Ces ventes représentent 3,9 milliards d’euros sur un total de 6,9 milliards d’euros. Le Koweït est en tête avec 1,1 milliard d’euros suivi du Qatar, qui a dépensé 1,08 milliard d’euros, des Émirats (701 millions d’euros) et de l’Arabie Saoudite (626 millions), a précisé 20 Minutes.

« Pour l’Arabie saoudite seulement, la France a livré en 2017 pour plus de 1,38 milliard d’euros de matériels de guerre, bien plus qu’en 2015 ou 2016 ». Ce qui fait de Ryad « le deuxième client de la France en termes de livraison en 2017 malgré les violations du droit humanitaire par la coalition en conflit au Yémen », accuse Aymeric Elluin, d’Amnesty, dans un communiqué co-rédigé avec l’ONG chrétienne Acat et l’Observatoire des armements (Obsarm), a rapporté Europe 1.

En pleine controverse sur les ventes d’armes alimentant la guerre au Yémen, le rapport transmis au Parlement met l’accent sur « la responsabilité de notre politique d’exportation de défense ». Le gouvernement a approuvé 174 nouvelles licences d’exportations d’armements vers l’Arabie Saoudite, dont 12 licences d’une valeur de 4 milliards d’euros pour des matériels de la catégorie « bombes, torpilles, roquettes, missiles, autres dispositifs et charges explosifs et matériel et accessoires connexes »

Le communiqué rappelle que 10 mille personnes ont perdu la vie au Yémen au cours des opérations qui durent depuis 2015 et le pays connait la plus grande crise humanitaire, selon TRT. D’autres États comme la Norvège ont annoncé le gel de leurs ventes d’armes à l’Arabie Saoudite, tandis que la justice belge vient de suspendre des licences d’exportations wallonnes vers Riyad, notamment en raison des risques de violation du droit international.

« L’Arabie saoudite qui est l’une des parties du conflit au Yémen, est devenue le deuxième plus grand client de la France en achetant des armes pour 1,38 milliards d’euros en 2017. Les Emirats arabes unis, le Koweït, l’Arabie saoudite et l’Egypte sont parmi les plus importants clients de la France » affirme Tony Fortin, représentant d’ObsArm.

« La vente d’armes à ces pays est une violation flagrante de la position commune de l’UE et de l’Accord de vente d’armes qui interdisent la vente d’armes aux pays accusés de crime de guerre » peut-on lire dans le rapport.

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