Macron acceptera de mettre fin aux ventes d’armes à l’Arabie saoudite ?

Macron acceptera de mettre fin aux ventes d’armes à l’Arabie saoudite

Truth ONG- En déplacement à Bratislava, vendredi 26 octobre, Emmanuel Macron a finalement accepté de justifier son refus de décréter un embargo sur les ventes d’armes à l’Arabie saoudite, prôné par l’Allemagne et l’Autriche.

Emmanuel Macron a critiqué implicitement son alliée européenne Angela Merkel, dénoncant la “pure démagogie” des pays qui, comme l’Allemagne, veulent cesser d’exporter des d’armes vers l’Arabie saoudite en raison du scandale Khashoggi.

« C’est de la pure démagogie de dire “il faut arrêter de vendre des armes”, ça n’a rien à voir avec l’affaire Khashoggi », a expliqué le président français, qui a été vivement critiqué ces derniers jours pour avoir refusé de s’exprimer sur ce sujet sensible pour l’industrie militaire française.

En tous cas, le meurtre du journaliste, Jamal Khashoggi, n’est que le dernier exemple en date d’une longue série de violations alourdissant le triste bilan du royaume en matière de droits humains, selon Amnesty International. La France, qui se prétende comme le pays de droits des hommes ne cesse pas de vendre des armes à ce pays criminel.

 

1 – UNE GUERRE DÉVASTATRICE AU YÉMEN

La coalition menée par l’Arabie saoudite participe largement à la guerre dévastatrice qui déchire le Yémen depuis trois ans et demi. Des milliers de civils, y compris des enfants, ont été tués lors des bombardements et des tirs d’artillerie ayant touché des hôpitaux, des écoles et des maisons. Amnesty International a rassemblé des informations sur des violations répétées du droit international humanitaire, notamment sur des crimes de guerre. Pourtant, des pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni et la France continuent de conclure des ventes d’armes lucratives avec les Saoudiens.

 

2 – UNE RÉPRESSION ACHARNÉE EXERCÉE CONTRE LES MILITANTS PACIFIQUES, LES JOURNALISTES ET LES UNIVERSITAIRES

Depuis l’arrivée au pouvoir du prince héritier Mohammed ben Salmane, de nombreux militants de renom ont été arrêtés ou condamnés à de longues peines d’emprisonnement uniquement pour avoir exercé pacifiquement leurs droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion. Les autorités prennent pour cible la communauté des défenseurs des droits humains, petite mais active, et elles utilisent les lois antiterroristes et contre la cybercriminalité pour réprimer ses activités pacifiques qui visent à dénoncer et à combattre les violations des droits humains.

 

3 – ARRESTATIONS DE DÉFENSEURS DES DROITS DES FEMMES

En début d’année, plusieurs défenseurs des droits des femmes de premier plan ont été arrêtés dans le cadre de la répression persistante exercée par les autorités saoudiennes contre la communauté des défenseurs des droits humains. Loujain al Hathloul, Iman al Nafjan et Aziza al Yousef sont toutes les trois détenues de façon arbitraire sans inculpation depuis le mois de mai. À la suite de leur arrestation, le gouvernement a lancé une campagne de dénigrement visant à les discréditer en les qualifiant de « traitres ». Elles risquent d’être jugées par un tribunal antiterroriste et condamnées à de lourdes peines d’emprisonnement.

 

4 – EXÉCUTIONS

L’Arabie saoudite fait systématiquement partie des pays du monde qui procèdent au plus grand nombre d’exécutions. Des dizaines de personnes sont mises à mort chaque année, bien souvent par décapitation en public. Nous considérons que la peine capitale bafoue le droit à la vie et constitue le châtiment le plus cruel, le plus inhumain et le plus dégradant qui soit. De plus, alors qu’il n’a jamais été prouvé où que ce soit dans le monde que la peine capitale ait un effet dissuasif sur la criminalité, l’Arabie saoudite continue de condamner à mort des personnes et de les exécuter à l’issue de procès d’une flagrante iniquité. Depuis le début de l’année, l’Arabie saoudite a exécuté 108 personnes, près de la moitié d’entre elles pour des infractions liées aux stupéfiants.

 

5 – DES CHÂTIMENTS CRUELS, INHUMAINS ET DÉGRADANTS

Les tribunaux saoudiens continuent de prononcer des peines de flagellation pour de nombreuses infractions, souvent à l’issue de procès iniques. Raif Badawi a été condamné à 1 000 coups de fouet et à 10 ans d’emprisonnement uniquement parce qu’il tenait un blog. Certaines infractions sont punies d’une peine d’amputation ou d’amputation croisée, qui constituent toujours des actes de torture.

 

6 – RECOURS GÉNÉRALISÉ À LA TORTURE EN DÉTENTION

D’anciens détenus et prévenus, ainsi que d’autres personnes, ont expliqué à Amnesty International que les forces de sécurité utilisent couramment et de façon généralisée la torture et d’autres mauvais traitements, et que les responsables de ces agissements ne sont jamais traduits en justice.

 

7 – DISCRIMINATION SYSTÉMATIQUE À L’ÉGARD DES FEMMES

Les femmes et les jeunes filles sont en butte à une discrimination profondément enracinée en Arabie saoudite et sont juridiquement subordonnées aux hommes en ce qui concerne le mariage, le divorce, la garde des enfants et l’héritage, entre autres. Du fait du système de tutelle, une femme ne peut pas prendre de décisions : un homme de la famille décide de tout à sa place.

 

8 – UNE DISCRIMINATION RELIGIEUSE BIEN ANCRÉE

Des membres de la minorité chiite du royaume continuent de faire l’objet d’une discrimination profondément enracinée qui restreint leur accès aux services gouvernementaux et à l’emploi. De nombreux militants chiites ont été condamnés à mort ou à de longues peines d’emprisonnement pour leur participation supposée à des manifestations contre le gouvernement en 2011 et 2012.

 

9 – « CE QUI SE PASSE EN ARABIE SAOUDITE NE REGARDE QUE L’ARABIE SAOUDITE »

Les autorités saoudiennes prennent des sanctions, y compris par le biais des tribunaux, contre les militants pacifiques et les proches de victimes ou les victimes qui contactent des organisations indépendantes de défense des droits humains, comme Amnesty International, ou des diplomates et des journalistes étrangers.

 

10 – LE MEURTRE DE JAMAL KHASHOGGI

À la suite du meurtre de Jamal Khashoggi, Amnesty International a demandé au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, d’ouvrir une enquête indépendante de l’ONU sur les circonstances de l’exécution extrajudiciaire de cet homme, sur les éventuels actes de torture et tous les autres crimes et violations commis dans cette affaire.

Leave a Response