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Décembre 13, 2018

L'ONG des droits de l'homme de La Vérité

Troisième partie : "Le gouvernement israélien est tout à fait conscient de son isolement international et de sa mauvaise image", selon Dominique Natanson

2018/07/26, 10:21


Troisième partie :

Interview de Dominique Natanson (Union juive française pour la paix) par l’ONG de la Vérité

Interview de Dominique Natanson (Union juive française pour la paix) par l’ONG de la Vérité   6. Comme vous le savez, Israël sponsorise et soutient différents festivals à travers le monde, y compris l’Eurovision et Pop Culture, quelle en est la raison ? Quel but ce pays essaie d'atteindre ? Une étude de 2006 rapportée par Israel Today montrait déjà « la marque "Israël" est la plus mauvaise du monde ». 25.903 consommateurs de 35 pays avaient été interrogés par la société d’études de marchés GMI : on leur demandait de noter chacun des pays étrangers au regard de six critères : « Investissement et Immigration », « Exportations », « Culture et Patrimoine », « Population », « Gouvernance », et enfin « Tourisme ». L’étude nous apprend que l’image d’Israël est la pire de tous les pays à la surface de la planète. Évidemment, le gouvernement israélien est tout à fait conscient de son isolement international et de sa mauvaise image. J’ai dit plus haut qu’il avait mis des moyens considérables pour sa propagande. Ainsi, des officines israéliennes, se présentant comme organisations de défense des Droits de l’Homme, reçoivent des fonds gouvernementaux pour lister les ONG qui dénoncent trop vigoureusement les exactions commises contre les Palestiniens et lutter contre BDS dans chaque pays. Ces organisations ont d’ailleurs ciblé l’Union juive française pour la paix, parmi d’autres. Améliorer l’image de marque israélienne, à travers des événements comme l’« Année franco-israélienne », c’est donc une stratégie politique. Aussi, le boycott culturel et universitaire est légitime, comme l’ont montré Eyal Sivan et Armelle Laborie. Les artistes qui ne s’inscrivent pas dans ce soutien à l’État ne sont pas pour nous en cause. 7. Puisque Israël prétend défendre les droits de l'homme et la liberté d'expression, pourquoi empêche-t-il les militants pro-palestiniens (comme Benjamin Ladraa) d'entrer sur les terres occupées ? La défense des Droits de l’Homme et de la liberté d’expression par Israël est depuis longtemps toute relative. Elle se réduit de plus en plus à la défense du droit d’Israël à faire ce qu’il veut. Ce qui est contraire aux Droits de l’Homme pour eux, c’est la critique des crimes d’Israël – jugée antisémite dans un amalgame inacceptable. Et s’il existe encore quelques libertés démocratiques pour l’opposition israélienne, des menaces sérieuses – comme celle de pouvoir exclure de la Knesset tout député qui « se livre à des incitations au racisme ou qui soutient la lutte armée contre l’État d'Israël » – se profilent dans un État dont la logique mène à toujours plus d’exclusion – la ségrégation résidentielle entre citoyens juifs et non juifs est la norme en Israël – et de racisme – à l’égard des migrants considérés comme des « infiltrés »… « Israël a fait de la Palestine la plus grande prison du monde » déclarait récemment Ilan Pappé. Alors, Israël ne peut plus supporter la présence et les dénonciations de tous les témoins de l’occupation et de l’apartheid. Une loi récente interdit de filmer ou de photographier les soldats israéliens dans leurs œuvres. Israël établit des listes noires pour éviter la présence de militants internationaux. Cela touche des personnalités comme le militant suédois Benjamin Ladraa, mais – ô ironie de l’histoire du sionisme – on en vient même à interdire l’entrée du territoire à une rabbine, Alissa Wise, militante de Jewish Voice for Peace. 8. Israël est désormais défini comme « l'État-nation du peuple juif », une disposition entérinée par le Parlement jeudi 19 juillet, la loi qui est dangereuse et raciste par excellence. Quel est votre avis ? Cette loi est-elle opposée aux principes des Droits de l’homme ? Nous savions déjà que l’existence de l’État israélien était basée sur une conception ethnico-religieuse puisque n’importe quel Juif peut prétendre à la citoyenneté israélienne et s’établir ainsi en « Eretz Israël » en bénéficiant de plus de toutes sortes d’aides alors que les Palestiniens soit ont été chassés de Palestine soit sont soumis à des dizaines de lois discriminatoires. Le racisme institutionnel israélien est ancien : racisme cruel envers les Palestinien-ne-s, traité-e-s en citoyen-ne-s d’un rang inférieur, mais aussi à l’égard des Juives et Juifs yéménites et éthiopien-ne-s, des mizrahim... qui ont subi des traitements dégradants et restent la cible de nombreuses discriminations. Ce qui est nouveau, c’est que l’État israélien devient par une Loi fondamentale le définissant, et non plus seulement dans la pratique et dans des dispositifs juridiques divers, un État d’apartheid. Il n’a jamais été, comme chaque État moderne, l’État de tous ses citoyens et il ne le sera plus. C’est inscrit dans cette « Loi ». Les conséquences catastrophiques touchent d’abord le peuple palestinien qui se voit privé ainsi de tous ses droits. Mais il nous touche aussi en tant que juifs qui risquons d’être assimilés à ce régime colonial, raciste et oppresseur et cette confusion sciemment entretenue ne pourra qu’alimenter l’antisémitisme. Nous, Juifs de l’UJFP, nous continuerons à défendre l’égalité des droits, la justice pour tous, le rejet du racisme et de l’apartheid, ici en France et là-bas, en Palestine. Telles sont nos valeurs.

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