Discriminations, harcèlement moral et sexuel : Onze dirigeants de Nike quittent l’entreprise après une enquête lancée par des employées

.Truth ONG- L’équipementier Nike est confronté à un exode sans précédent au sein de sa direction, à la suite de témoignages d’employés, en majorité des femmes, qui dénoncent un environnement “toxique” marqué par les discriminations et les situations de harcèlement moral et sexuel, selon FranceTvInfo.

Cinq managers de haut rang ont tout récemment quitté l’entreprise, portant à onze le nombre de départs depuis le mois de mars. Parmi eux, Trevor Edwards, président de la marque Nike, considéré comme le successeur naturel de Mark Parker, actuel PDG du groupe.

D’après une source proche du dossier, a précisé LCI, ces départs sont la conséquence des premières conclusions d’une enquête interne lancée en mars après la libération de la parole d’employés dans le sillage du mouvement #MeToo.

C’est la preuve que le problème général relève du harcèlement moral ou de comportements abusifs sur le lieu du travail, et qu’il fait fi du sexe et de la couleur de peau. C’est juste de la cruauté”, avance le Dr Gary Namie, qui a créé un institut spécialisé sur le mal-être au travail, Workplace Bullying Institute, selon France24.

Tout est parti du ras-le-bol d’un groupe de salariées, qui a fait circuler un sondage interne révélant des abus et des inégalités hommes-femmes en matière de promotion. Cette enquête, qui rassemblait les témoignages d’employés femmes et hommes, dénonçait de façon générale la culture “macho” de l’entreprise, une sorte de “boys club”, et l’inertie du département des ressources humaines, d’après HuffingtonPost.

Certains font état de sorties de bureau entre collègues se terminant dans des clubs de strip-tease, de manageurs hommes se vantant d’avoir des préservatifs, des commentaires sur les seins d’une salariée écrits dans un courriel adressé à l’intéressée, une récurrence de remarques désobligeantes et humiliantes, a rapporté le Monde. Une employée a confié au New York Times que son supérieur hiérarchique l’avait traitée de « salope stupide » mais n’avait pas été sanctionné malgré le fait qu’elle avait rapporté l’incident à la DRH.

Interrogé par l’AFP, Nike n’a pas souhaité s’exprimer. « Nous avons tous une obligation – non négociable – de créer un environnement et une culture de respect et d’inclusion », a déclaré le 3 mai le PDG Mark Parker aux employés.

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