Des milliers d’employés de Google manifestent contre le harcèlement sexuel

Des milliers d'employés de Google manifestent contre le harcèlement sexuel

Truth ONG- Une manifestation mondiale a été organisée jeudi après la publication d’un article du « New York Times » affirmant que Google avait couvert une série de cas de harcèlements impliquant des hauts responsables.

Des milliers d’employés de Google à travers le monde ont protesté ce jeudi 1er novembre contre le harcèlement sexuel au sein du groupe, une semaine après la parution d’un article du New York Times sur des millions de dollars d’indemnités versées par le géant du web à des cadres accusés et certains reconnus coupables de harcèlement sexuel, et longtemps protégés par l’entreprise, selon RFI.

Les organisateurs du mouvement avaient appelé les quelque 90 000 employés de Google dans le monde à sortir de leurs bureaux à 11 heures du matin, dans leur fuseau horaire respectif, rapporte Liberation.

Environ 500 employés de Google ont observé jeudi un arrêt de travail symbolique au siège européen de la firme à Dublin pour protester contre sa gestion du harcèlement sexuel au sein de l’entreprise, dans le cadre d’un mouvement mondial observé de Singapour à Londres.

Selon France 24, les salariés se sont réunis dans l’enceinte de la compagnie au cœur de la capitale irlandaise, choisie par Google pour implanter son centre européen en raison de son régime fiscal clément.

Les rassemblements ont démarré en Asie, à Singapour, où une centaine d’employés se sont rassemblés en interne, selon une photo postée sur un compte Twitter animé par les organisateurs, puis à Tokyo, également en interne, et à Hyderabad, en Inde, selon plusieurs comptes suivant les manifestations.

Les manifestants ont publié un manifeste pour faire part de leurs revendications. Ils réclament plusieurs changements à Google. Le plus important est l’abandon de la clause dite « Forced Arbitration » (« arbitrage forcé »). Souvent présente dans les accords signés en cas de harcèlement sexuel ou de discrimination, elle interdit aux victimes d’attaquer en justice un collègue ou leur employeur.

Ce type de clause, courante aux États-Unis, est régulièrement dénoncé par des militantes féministes dans la Silicon Valley, qui y voient un moyen d’étouffer ces affaires et d’empêcher les victimes d’obtenir réparation. Fin 2017, Microsoft avait par exemple annoncé qu’il renonçait à les utiliser. Les manifestants réclament également la publication, par Google, d’un rapport de transparence sur les affaires de harcèlement sexuel au sein de l’entreprise.

Après l’article du New York Times, le patron de Google Sundar Pichai avait envoyé un email aux salariés du groupe, indiquant que 48 salariés, dont 13 hauts responsables, avaient été renvoyés pour harcèlement sexuel ces deux dernières années, sans indemnités. Il a assuré que le groupe avait changé et ne tolérait plus aucun comportement déplacé.

Mercredi, Alphabet, la maison mère de Google, a confirmé que Rich DeVaul, un responsable de « X », la division du groupe dédiée aux projets futuristes, selon 20 Minutes. DeVaul faisait partie des hauts cadres « protégés » par Google alors que le groupe les savait accusés de harcèlement. D’après le quotidien, il avait fait des avances en 2013 à une femme qui candidatait chez Google.

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